Violences conjugales à Maradi : de plus en plus de femmes saisissent l’Alkali

À la cour de Sa Majesté le Sultan Ahmed Ali Zaki, le tribunal coutumier constitue l’un des lieux où les populations viennent présenter leurs plaintes et solliciter des solutions à leurs difficultés. Ces derniers temps, les femmes y sont de plus en plus nombreuses à dénoncer des problèmes liés à leurs conditions de vie au sein du foyer, notamment le manque de prise en charge, les insultes et les violences conjugales.

Des femmes confrontées à des difficultés dans leur foyer

Parmi celles qui se sont présentées auprès de l’Alkali figure Baraka, une jeune mère qui allaite un garçon âgé d’un an et quelques mois. Elle affirme ne plus supporter ses conditions de vie conjugale et demande une amélioration de sa situation.

« Je n’arrive plus à supporter cette situation. Depuis longtemps, je n’ai même pas de quoi m’habiller correctement. Pour la nourriture, mon mari ne me donne parfois qu’une seule fois dans la journée. »

Selon elle, les difficultés concernent également la prise en charge de son enfant. Elle affirme que, depuis sa naissance, son père lui aurait apporté très peu de soutien matériel.

« Depuis sa naissance, cet enfant n’a pratiquement reçu aucune prise en charge de la part de son père. Il ne lui a donné qu’un seul complet prêt-à-porter, alors qu’aujourd’hui, il a un an et quelques mois. »

Baraka explique également qu’elle dépendait auparavant de l’aide de sa grande sœur pour exercer une petite activité commerciale.

« Ma grande sœur m’aidait en me donnant du parfum à vendre. Mais maintenant, l’argent est épuisé. »

Des violences physiques et des humiliations dénoncées

Au-delà des problèmes économiques, certaines femmes dénoncent également des violences physiques et psychologiques. Kando, une mère, raconte avoir été sollicitée par sa nièce, qui ne supportait plus sa vie conjugale.

« Depuis trois heures du matin, ma nièce est venue me voir. Elle m’a expliqué qu’elle ne supportait plus sa vie avec son mari. Entre eux, il n’y a ni respect ni tranquillité, seulement des tensions et des humiliations. »

Selon son témoignage, sa nièce aurait été régulièrement frappée par son mari. Elle affirme qu’un jour, celui-ci aurait utilisé un ventilateur pour la frapper, lui causant des blessures nécessitant plusieurs points de suture au visage.

Kando évoque également les accusations et les insultes dont sa nièce serait victime, notamment des accusations d’infidélité et des propos offensants visant sa mère.

L’Alkali privilégie d’abord la médiation

Face à ces plaintes, l’Alkali Lawali Mai Dala’ilu explique que les problèmes présentés par les femmes concernent notamment le manque de nourriture, les mauvais traitements et les violences conjugales.

Selon lui, lorsqu’un parent apprend que sa fille est privée de nourriture ou victime de violences, il lui est difficile de rester silencieux. C’est notamment ce qui explique, selon lui, l’affluence de certaines familles auprès du tribunal coutumier.

Le juge indique que la première démarche consiste généralement à privilégier la médiation entre les époux. Il demande notamment à l’auteur présumé des violences de mettre fin aux coups et aux mauvais traitements.

En cas de récidive ou lorsque la médiation ne permet pas de régler le problème, l’affaire peut être orientée vers les services compétents, notamment la justice ou la gendarmerie. Pour les situations impliquant des enfants, les services chargés de leur protection peuvent également être saisis, avec, selon les cas, l’implication de partenaires tels que l’UNICEF.

La multiplication de ces plaintes met ainsi en évidence les difficultés auxquelles certaines femmes, particulièrement les jeunes épouses, sont confrontées dans leur vie conjugale. Au-delà de la médiation, la prévention des violences, l’accompagnement des victimes et la protection des enfants restent des enjeux importants pour les familles et les acteurs chargés de la protection sociale et judiciaire.

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