Face au manque de pâturage, la nécessité de prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs

Face au manque de pâturage, la nécessité de prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs

Le service régional de l’élevage, tout comme les représentants des éleveurs eux-mêmes, le confirment : la zone pastorale de la région de Maradi fait face à un manque criard de pâturage cette année. Une situation qui fait craindre des conflits voire des affrontements entre éleveurs et agriculteurs, avec la descente précoce des troupeaux dans les champs avant même la fin des récoltes.

Le service régional de l’élevage, tout comme les représentants des éleveurs eux-mêmes, le confirment : la zone pastorale de la région de Maradi fait face à un manque criard de pâturage cette année. Une situation qui fait craindre des conflits voire des affrontements entre éleveurs et agriculteurs, avec la descente précoce des troupeaux dans les champs avant même la fin des récoltes. Comment prévenir les conflits ?

Elhadj Dan Sanda, membre du conseil régional des agriculteurs de Maradi estime qu’il faut sensibiliser les éleveurs à rester dans les couloirs de transhumance, le temps de permettre aux agriculteurs de finaliser leurs récoltes avant leur descente. « Notre souhait est que les autorités prennent les devants c’est-à-dire, permettre aux agriculteurs de terminer sereinement leurs récoltes avant la descente des troupeaux dans les champs.  Nous le savons tous, une fois les éleveurs descendus, il n’y a plus de retour en arrière. Elh Dan Sanda profite pour rappeler aux agriculteurs de libérer leurs champs à temps, pour éviter une éventuelle confrontation avec les éleveurs au moment de leur descente. « Face au manque de pâturage, les paysans sont aujourd’hui contraints de précipiter la récolte pour libérer rapidement les champs» dit –il.

De la sensibilisation à une paix durable.

Depuis tous les temps, les agriculteurs et les éleveurs ont toujours vécu ensemble. Pour kwaini Maje, représentant de plusieurs groupements d’éleveurs dans la commune rurale de Bermo, la sensibilisation reste la meilleure arme pour préserver la paix entre les deux parties. « Pour éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs dus à la pénurie de pâturages, les autorités doivent convoquer les chefs de villages et les leaders des éleveurs afin de les sensibiliser et d’anticiper tout risque d’affrontement » explique t-il.

Soucieux de renforcer la coexistence pacifique et d’instaurer une paix durable entre agriculteurs et les éleveurs, Elh Dan Sanda exhorte les paysans à laisser une partie des résidus de récolte dans leurs champs à disposition des éleveurs, afin de les soutenir en cette période difficile. Il lance un appel aux cultivateurs. « Ne ramassez pas tout. Laissez une partie des résidus et du pâturage dans les champs pour venir en aide aux éleveurs qui traversent une période difficile. L’entraide est possible entre nous. Eux nous apportent  de la viande, nous leur fournissons des céréales. C’est un échange naturel et complémentaire : nous leur laissons les résidus de nos champs, ils enrichissent nos sols avec le fumier de leurs animaux », explique t-il. Selon lui il n’y a pas de conflit entre les deux parties mais plutôt une incompréhension. « S’il y a un conflit entre éleveurs et agriculteurs, disons-nous bien que c’est avant tout un problème de manque de compréhension et de dialogue. »

De l’accès à l’eau aux éleveurs à une coexistence pacifique.

A cause des faibles précipitations enregistrées cette année dans le nord, les réservoirs naturels d’eau ne sont pas remplis. Kwaini Maje demande aux autorités d’intercéder auprès des agriculteurs pour permettre aux troupeaux de s’abreuver aux puits, un accès qui leur est parfois refusé. « Certains puits ont été construits par l’Etat, mais il arrive que l’on interdise aux éleveurs d’y abreuver leurs troupeaux. Parfois même on nous exige le paiement d’une somme pour pouvoir les utiliser. Tout cela  est source de conflits entre agriculteurs et éleveurs. Il faut sensibiliser les agriculteurs à nous laisser accéder à l’eau mais aussi rappeler aux éleveurs qu’ils ne doivent pas toucher à ce qui ne leur appartient pas. » lance-t-il.

Le constat est clair : sans dialogue, le manque de pâturage peut dégénérer. Mais agriculteurs et éleveurs restent complémentaires. Sensibilisation et respect mutuel, c’est le prix de la paix.

 

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