À Maradi, le courage des femmes face au poids des charges familiales

À Maradi, le courage des femmes face au poids des charges familiales

« Nos maris n’ont pas assez de moyens. Mon mari ne travaille même pas pour subvenir à nos besoins. C’est nous qui allons travailler pour prendre en charge nos enfants et satisfaire certaines de nos nécessités. Lorsque nous revenons des champs, nous faisons du petit commerce pour avoir de quoi manger »,

Dans la commune de Jiratawa, région de Maradi, de nombreuses femmes misent sur le petit commerce et les travaux agricoles pour subvenir aux besoins de leurs familles. Entre le battage du mil et la vente de bananes, elles contribuent à la survie des ménages, malgré des revenus modestes et des responsabilités familiales de plus en plus lourdes.

À Jiratawa, le courage des femmes se mesure au quotidien. Pour faire face aux dépenses familiales, certaines se tournent vers des activités génératrices de revenus, notamment le battage du mil et le petit commerce. C’est le cas de Sa’a, qui exerce le battage du mil depuis une quinzaine d’années.

 

Du matin jusqu’en fin d’après-midi, elle enchaîne les travaux pour gagner de quoi subvenir aux besoins de sa famille. Malgré la pénibilité de cette activité, elle parvient à couvrir certaines dépenses essentielles, notamment l’habillement des enfants et les frais liés aux cérémonies.

 

« Quand nous arrivons tôt le matin, nous travaillons jusqu’à la prière de l’après-midi, puis nous reprenons jusqu’à 16 heures et continuons jusqu’à 18 heures. Nos revenus nous permettent de survivre, de faire face aux dépenses des cérémonies et d’acheter des vêtements à nos enfants. Nous ne pouvons que remercier Dieu », témoigne-t-elle.

 

Comme Sa’a, Nana cumule depuis plus de dix ans le battage du mil et la vente de bananes. Pour elle, ces activités constituent une source de revenus indispensable, notamment lorsque les ressources du foyer ne suffisent pas à couvrir les besoins de la famille.

 

« Nos maris n’ont pas assez de moyens. Mon mari ne travaille même pas pour subvenir à nos besoins. C’est nous qui allons travailler pour prendre en charge nos enfants et satisfaire certaines de nos nécessités. Lorsque nous revenons des champs, nous faisons du petit commerce pour avoir de quoi manger », explique-t-elle.

Des revenus modestes face à de lourdes responsabilités

Pour ces travailleuses, chaque effort compte. Le battage d’une botte de mil leur rapporte entre 125 et 200 francs CFA, tandis qu’un sac complet peut leur procurer 1 250 francs CFA. Ces sommes, bien que précieuses pour les ménages, restent limitées au regard des dépenses quotidiennes.

Nourriture, habillement des enfants et participation aux cérémonies familiales : les revenus tirés de ces activités permettent de répondre à certains besoins immédiats, mais laissent peu de marge pour épargner ou développer davantage leurs activités.

Malgré ces difficultés, les femmes de Jiratawa continuent de se battre pour préserver l’équilibre de leurs foyers. Leur contribution économique est essentielle, mais les responsabilités qu’elles assument pèsent lourdement sur leurs épaules.

Vers une autonomie économique plus durable

Le parcours de Sa’a et de Nana illustre la place importante des femmes dans l’économie familiale à Jiratawa. Leur détermination témoigne de leur volonté de participer activement à la prise en charge de leurs proches, malgré la précarité et l’insuffisance des revenus.

Toutefois, pour transformer ces efforts en une autonomie économique durable, un meilleur accès aux financements et aux possibilités de développement des petites activités pourrait leur offrir davantage de perspectives.

À Jiratawa, le courage des femmes ne fait aucun doute. Reste à leur donner les moyens de faire de ce courage un véritable levier d’autonomie.

 

Reportage signé Alka Mato Maman Bachir.

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