
Maradi : Le gaspillage alimentaire lors des cérémonies, une pratique qui fragilise les ménages en milieu rural
Dans certaines localités rurales de la région de Maradi, d’importantes quantités de nourriture sont gaspillées à l’occasion des cérémonies de mariage, de baptême et de funérailles. Au village d’El Tsamiyar, dans le département de Mayahi, cette pratique est dénoncée par le chef du village, Sama’ila, qui s’inquiète de ses conséquences économiques et sociales sur les ménages. Des actions de sensibilisation sont menées pour encourager la population à adopter des comportements plus responsables.
Des quantités importantes de nourriture préparées lors des cérémonies
Dans plusieurs villages de la région de Maradi, les cérémonies familiales sont souvent marquées par la préparation de grandes quantités de nourriture. À l’occasion des mariages, des baptêmes ou encore des funérailles, des dépenses importantes sont engagées par les familles pour accueillir les invités. Cependant, une partie des repas préparés n’est pas toujours consommée, ce qui entraîne un gaspillage alimentaire parfois considérable.
Au village d’El Tsamiyar, dans le département de Mayahi, cette situation est particulièrement observée lors des cérémonies organisées par les femmes, notamment à travers les regroupements de tontines.
Selon le chef du village, Sama’ila, les quantités de vivres utilisées dépassent parfois largement les besoins réels des invités.
« Le gaspillage alimentaire dépasse l’entendement, particulièrement lors des cérémonies de mariage, où les festivités prennent souvent une ampleur démesurée. À ces occasions, certaines familles peuvent préparer jusqu’à cinq sacs de riz pour recevoir les invités, notamment les femmes membres des groupes de tontine, qui viennent nombreuses assister à la cérémonie », déplore-t-il.
D’après le chef du village, cette abondance ne concerne pas uniquement le riz. D’importantes quantités de mil sont également mobilisées pour la préparation de différents mets traditionnels.
Des dépenses excessives à l’origine de l’endettement des familles
Au-delà des pertes alimentaires, les conséquences économiques de ces pratiques sont également dénoncées. Dans certaines familles, des dépenses largement supérieures aux capacités financières sont engagées pour l’organisation des cérémonies.
Des produits alimentaires et des boissons sont parfois achetés à crédit, dans l’espoir que les contributions financières et les cadeaux offerts par les invités permettront de rembourser les dettes contractées.
Cependant, les sommes recueillies à l’issue des festivités ne suffisent pas toujours à couvrir les dépenses effectuées. Des difficultés de remboursement sont alors rencontrées par les organisateurs, pouvant entraîner des conflits avec les créanciers.
Le crieur public mobilisé pour sensibiliser la population
Face à l’ampleur du phénomène, des initiatives de sensibilisation sont entreprises par la chefferie traditionnelle d’El Tsamiyar afin de lutter contre le gaspillage alimentaire et les dépenses excessives.
« Face à cette situation, je fais appel aux services d’un crieur public qui sillonne le village pour transmettre mon message. Il rappelle à la population que le chef du village invite chacun à faire preuve de modération, à éviter les dépenses excessives et surtout à ne pas chercher à imiter les personnes aisées lorsqu’on n’en a pas les moyens. L’essentiel est d’organiser les cérémonies en fonction de ses propres ressources financières », insiste-t-il.
Préserver les traditions sans encourager le gaspillage
À El Tsamiyar, les actions de sensibilisation engagées par la chefferie traditionnelle visent ainsi à promouvoir une meilleure gestion des ressources alimentaires et financières.
L’enjeu est de préserver les valeurs de solidarité, d’hospitalité et de partage qui caractérisent les cérémonies traditionnelles, tout en encourageant les familles à faire preuve de modération et à éviter des dépenses susceptibles de compromettre leur équilibre économique.

