
Fouraya Mouhamad, 18 ans de passion au service de l’esthétique à Maradi.
« Dans notre famille, ce métier se transmet de génération en génération. Si l'un de nous souhaite apprendre à préparer des remèdes traditionnels il peut le faire aussi bien les hommes que les femmes. Les hommes, en particulier, pratiquent la préparation des remèdes à base de fer. Quant à nous, les femmes, nous avons choisi de nous spécialiser dans les préparations liées aux problèmes et aux besoins spécifiques des femmes, notamment les secrets de la femme. Nous avons hérité de ce savoir-faire de nos ancêtres »
À Maradi, le métier de l’esthétique gagne de plus en plus de terrain. De nombreuses femmes s’y investissent aujourd’hui pour répondre à une clientèle toujours plus exigeante. Parmi elles, Fouraya Mouhamad, mère de cinq enfants, exerce ce métier depuis plus de 18 ans. Une expérience qui lui a permis de construire son savoir-faire et de fidéliser sa clientèle.
Un savoir-faire transmis de génération en génération :
Pour Fouraya Mouhamad, l’esthétique et les préparations traditionnelles constituent avant tout un héritage familial. Selon elle, ce savoir-faire lui a été transmis par ses grands-parents et se perpétue au sein de la famille.
« Dans notre famille, ce métier se transmet de génération en génération. Si l’un de nous souhaite apprendre à préparer des remèdes traditionnels il peut le faire aussi bien les hommes que les femmes. Les hommes, en particulier, pratiquent la préparation des remèdes à base de fer. Quant à nous, les femmes, nous avons choisi de nous spécialiser dans les préparations liées aux problèmes et aux besoins spécifiques des femmes, notamment les secrets de la femme. Nous avons hérité de ce savoir-faire de nos ancêtres », explique-t-elle.
Au fil des années, Fouraya a également choisi de transmettre ses connaissances à d’autres femmes. À Kano, elle affirme avoir formé plusieurs personnes qui poursuivent aujourd’hui cette activité, contribuant ainsi à leur autonomisation financière.
Une clientèle de plus en plus exigeante :
Selon Fouraya Mouhamad, les habitudes ont beaucoup changé au cours de ces dernières années. Les femmes accordent davantage d’importance à leur apparence et recherchent régulièrement de nouvelles prestations.
« Les femmes veulent aujourd’hui être bien présentées, surtout lors des cérémonies et des grandes occasions », souligne-t-elle. Cette évolution pousse les professionnelles du secteur à se former et à diversifier leurs services. « Je prépare aussi une huile capillaire qui aide à avoir des cheveux noirs et longs, tout en éliminant les pellicules. Il y’a aussi un savon traditionnel que je fabrique à partir de différents types de savons, associés à des ingrédients destinés à prendre soin de la peau.
Ce savon lutte contre certaines imperfections de la peau, comme les boutons et les petites taches. Il y’a aussi la pommade à associer avec le savon. Elle aide à nourrir la peau et à lui donner un aspect plus lisse et plus éclatant, particulièrement au niveau du visage.» ajoute t-elle.
Des difficultés malgré une activité en progression :
Comme de nombreux petits entrepreneurs, Fouraya Mouhamad a également rencontré des difficultés dans le développement de son activité. L’un des principaux problèmes reste, selon elle, la vente à crédit. « Certaines clientes prennent des produits à crédit sans toujours parvenir à rembourser dans les délais, ce qui affecte parfois la trésorerie de l’activité. » affirme-elle.
Malgré ces difficultés, l’esthéticienne estime que son activité a connu une nette progression depuis ses débuts. À Kano, elle a obtenu l’autorisation d’ouvrir un établissement dédié aux soins féminins, avant de décider de revenir au Niger pour y installer une succursale à Maradi.
Aujourd’hui, Fouraya Mouhamad entend poursuivre le développement de son entreprise dans sa ville d’origine. Son ambition est notamment de mettre en place un programme de soins esthétiques destiné aux jeunes mariées et aux jeunes mamans. À travers cette initiative, elle souhaite aider les femmes à mieux prendre soin d’elles, tout en valorisant un savoir-faire qu’elle considère comme un héritage familial.
Sarah Issoufou.

