
A Maradi, les femmes misent sur les petits métiers pour gagner leur autonomie.
« Aujourd’hui, la vie est très dure. Le mari, à lui seul, porte une lourde responsabilité : nourrir sa famille. Et cette charge ne fait qu’augmenter chaque jour. Il doit aussi s’occuper de ses parents, de ses proches, et faire face à beaucoup d’autres dépenses.», explique –t-elle.
A Maradi, de plus en plus de femmes se tournent vers l’apprentissage des petits métiers pour améliorer leurs conditions de vie et contribuer aux charges de leurs familles. Couture, savonnerie, extraction d’huile, bijouterie ou encore restauration : dans les centres de formation, elles acquièrent des compétences qui leur permettent de générer des revenus et de devenir plus autonomes.
Apprendre un métier pour ne plus dépendre entièrement du mari :
Pour Mme Halima Gousmane, la quarantaine, l’apprentissage d’un métier répond avant tout à une nécessité économique. Inscrire au foyer Alheri, où elle se forme notamment en couture et en restauration, elle estime que les réalités actuelles imposent aux femmes de participer davantage aux dépenses familiales.
« Aujourd’hui, la vie est très dure. Le mari, à lui seul, porte une lourde responsabilité : nourrir sa famille. Et cette charge ne fait qu’augmenter chaque jour. Il doit aussi s’occuper de ses parents, de ses proches, et faire face à beaucoup d’autres dépenses.», explique –t-elle.
Selon elle, les femmes doivent également chercher à développer des activités qui leur permettent de répondre à leurs besoins et de soutenir leurs enfants. « C’est pourquoi, en tant que femme, tu as aussi besoin d’un petit coup de pouce pour t’occuper de tes propres affaires. Tu es obligée d’apprendre un petit métier pour être autonome et aider tes enfants. Voilà ce qui m’a poussée à rejoindre ce foyer », ajoute-t-elle.
De la formation à l’autonomie :
Pour Djamila Ibrahim, 30 ans, l’apprentissage d’un métier est aussi une manière de rompre avec l’inactivité. Ménagère, elle a choisi de se former en couture et en bijouterie après avoir découvert le foyer Alheri.
« Au début, je ne faisais rien à la maison parce que j’étais juste une ménagère. Ensuite, on m’a parlé de ce foyer où les femmes viennent apprendre des petits métiers. Cela m’a donné envie », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle mesure déjà les bénéfices de la formation. « J’ai compris que si tu apprends un métier, tu deviens autonome. Tu n’as plus besoin de tendre la main à ton mari. Tu peux même aider tes proches, tes enfants et parfois ton mari aussi », dit-elle. Les compétences acquises lui permettent également de réaliser elle-même certains travaux pour sa famille. « Même les draps de mes deux sœurs qui se sont mariées le mois dernier, c’est moi qui les ai cousus. Aujourd’hui, je peux aussi coudre les habits de mes enfants sans passer par un tailleur », se réjouit Djamila Ibrahim.
Des femmes formées pour soutenir leurs familles :
Au foyer Alheri, cette dynamique est également perçue comme un moyen de renforcer l’autonomie économique des femmes. Mme Hawa Omar Maman, formatrice, se dit fière des résultats obtenus.
« Sur les 250 femmes qui suivent actuellement des formations dans notre foyer, 190 ont déjà reçu leurs diplômes. Elles disposent aujourd’hui de leur matériel de travail, ont commencé à travailler à la maison et sont pretes à soutenir leurs familles », souligne-t-elle.
Au-delà de l’acquisition d’un savoir faire, ces formations offrent ainsi aux femmes une possibilité de participer davantage à l’économie familiale. A Maradi, elles ne cherchent pas seulement à apprendre à coudre, à fabriquer du savon ou à confectionner des bijoux. Elles cherchent surtout à construire leur indépendance et à contribuer davantage au bien être de leurs familles.

