
Aliments chauds dans les sachets plastiques : des risques sanitaires à ne pas négliger.
« Une exposition répétée à certains composés présents dans les plastiques est notamment associée à des perturbations hormonales et de la reproduction, ainsi qu’à des effets potentiels sur certains organes comme le foie et les reins »
Du riz au haricot, en passant par les boules de pâte ou encore la bouillie, les sachets plastiques sont largement utilisés au Niger pour emballer les aliments, y compris lorsqu’ils sont encore chauds. Une pratique devenue presque banale mais qui soulève des préoccupations sur le plan sanitaire et environnemental.
Des aliments chauds au contact du plastique :
Pour de nombreux vendeurs et consommateurs, le sachet plastique reste un moyen pratique, accessible et facile à transporter. Pourtant, lorsque le plastique entre directement en contact avec un aliment chaud, certaines substances chimiques peuvent migrer vers la nourriture.
Selon le docteur Mahaman Daha Daouda Ali, analyste en santé publique, la chaleur constitue un facteur important à prendre en compte. « Au contact de la chaleur, certains composants chimiques du plastique peuvent migrer vers la nourriture », explique le docteur Mahaman Daha Daouda Ali.
Cette migration de substances chimiques peut, selon la nature du plastique, la température de l’aliment, la durée du contact et la fréquence d’exposition, susciter des préoccupations sanitaires. « Une exposition répétée à certains composés présents dans les plastiques est notamment associée à des perturbations hormonales et de la reproduction, ainsi qu’à des effets potentiels sur certains organes comme le foie et les reins » affirme t-il.
Des alternatives pour mieux protéger les consommateurs :
Face à ces risques, le recours à des emballages adaptés aux aliments chauds apparaît comme une solution à privilégier. Le docteur Mahaman Daha Daouda Ali recommande notamment de s’éloigner progressivement de l’utilisation directe des sachets plastiques pour les aliments fraîchement préparés. « Il existe plusieurs alternatives, notamment les emballages en papier, les récipients en carton adaptés aux aliments chauds, les contenants en verre ou encore les récipients réutilisables. Ces solutions permettent d’éviter le contact direct entre les aliments chauds et certains plastiques », recommande le spécialiste.
Cette recommandation intervient alors que les autorités nigériennes disposent déjà d’un cadre réglementaire contre certains sachets plastiques. À Niamey, l’Administrateur délégué de la Ville a pris, le 1er juillet 2026, l’arrêté n°0071/AD/VN/SG portant interdiction des sachets plastiques dans les supermarchés de Niamey. Le texte vise notamment certains sachets et emballages en plastique souple à basse densité.
L’arrêté prévoit une période transitoire jusqu’au 31 décembre 2026, afin de permettre aux supermarchés de se conformer aux nouvelles dispositions. Les sacs biodégradables, les emballages en papier et les contenants réutilisables figurent parmi les alternatives pouvant être privilégiées.
Le sachet plastique reste encore très présent dans la vente des aliments de rue au Niger. Mais face aux préoccupations sanitaires et environnementales, l’adoption d’emballages adaptés et le respect de la réglementation apparaissent comme des mesures essentielles pour mieux protéger la santé des consommateurs et le cadre de vie

