À Maradi, la hausse du prix du carburant complique la rentrée scolaire des enseignants

À Maradi, la hausse du prix du carburant complique la rentrée scolaire des enseignants

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, la hausse du prix du carburant constitue une difficulté supplémentaire pour de nombreux enseignants de la région de Maradi. La situation est particulièrement préoccupante pour ceux affectés dans les zones rurales, où l’accès aux stations-service reste difficile et où certains sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail.

 

Des enseignants confrontés aux longues files d’attente

À Tessaoua, Mahamane Ali Saïdou, enseignant du secondaire, explique que la disponibilité du carburant dans les stations-service reste irrégulière. Selon lui, les longues files d’attente poussent parfois les enseignants à se tourner vers le marché noir pour pouvoir rejoindre leurs postes.

Il affirme toutefois que lorsque le carburant est disponible dans les stations et que l’affluence est moindre, les enseignants préfèrent s’y approvisionner directement.

Des déplacements qui coûtent de plus en plus cher

Dans la zone de Kornaka, Binta Souley est également confrontée aux conséquences de la hausse du prix de l’essence. Elle parcourt environ huit kilomètres entre son domicile et son lieu de travail.

Elle estime que l’augmentation du prix du carburant se répercute directement sur les frais de transport. Selon elle, les déplacements sur les routes difficiles ou non aménagées deviennent particulièrement coûteux, les conducteurs de taxi-moto étant contraints d’augmenter leurs tarifs.

Pour les enseignants qui effectuent quotidiennement des déplacements entre leur domicile et leur lieu d’affectation, cette situation pèse davantage sur leurs revenus.

Cinq litres de carburant pour un aller-retour

Ibrahim Moumouni Abdou, enseignant à Kornaka 2, illustre lui aussi l’ampleur des dépenses liées au transport. Pour effectuer l’aller-retour entre son domicile et son lieu de travail, il dit consommer environ cinq litres de carburant.

Avec un prix du litre variant entre 1 100 et 1 150 francs CFA, les dépenses quotidiennes deviennent difficiles à supporter, notamment pour les enseignants qui font régulièrement la navette entre différentes localités.

Les syndicats appellent à des mesures

Face à cette situation, les organisations syndicales du secteur de l’enseignement demandent aux autorités de prendre des mesures pour faciliter l’accès au carburant et réduire son coût.

Farsanté Magaji, secrétaire général du SYNACEB, section régionale de Maradi, indique que le prix du litre varie actuellement entre 700 et 1 500 francs CFA selon les lieux et les conditions d’approvisionnement.

Le responsable syndical rappelle également les efforts consentis par l’État pour maintenir le prix du carburant à la pompe à un niveau inférieur à 500 francs CFA et appelle à de nouvelles mesures permettant de réduire considérablement le prix, notamment autour de 600 francs CFA le litre.

Au-delà du carburant, les enseignants restent confrontés à d’autres difficultés liées à leurs conditions de travail. Ils saluent néanmoins les premières mesures prises par le gouvernement pour répondre à certaines de leurs préoccupations et espèrent que des solutions seront également trouvées pour faciliter leurs déplacements pendant l’année scolaire 2026-2027.

Illia Moumouni.

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