Maimouna, 22 ans de courage dans le commerce de friperie.

Maimouna, 22 ans de courage dans le commerce de friperie.

Dans les marchés de Maradi, la friperie constitue pour de nombreuses femmes bien plus qu’une simple activité commerciale. Elle représente une source de revenus, un moyen de soutenir la famille et parfois une voie vers davantage d’autonomie financière. Au quartier Zariya, Maimouna, mère de sept enfants, en a fait son activité depuis 22 ans.

 

Son parcours commence lorsqu’elle décide de ne plus rester inactive à la maison. Avec peu de moyens, elle se lance progressivement dans la vente de vêtements de seconde main. Au départ, elle achète de petites quantités de marchandises avant d’augmenter progressivement son stock au fur et à mesure que son activité se développe.

Aujourd’hui, son commerce propose différents articles, notamment des vêtements pour enfants, des T-shirts, des habits pour femmes enceintes et des couvertures. La commerçante reçoit également des clients à domicile et effectue, à l’occasion, des livraisons dans d’autres villes.

« J’ai commencé petit à petit. Au début, j’achetais en petite quantité, puis j’ai progressivement eu les moyens d’acheter davantage de marchandises », explique-t-elle.

Une activité au rythme des saisons et du pouvoir d’achat

Pour Maimouna, l’activité commerciale dépend fortement du pouvoir d’achat des clients. En période précédant les récoltes, les ventes deviennent plus difficiles. Les clients disposent de moins de moyens et limitent leurs achats.

« Actuellement, ce n’est pas la saison des récoltes, donc le marché ne marche pas très bien. Lorsque la saison des récoltes arrive, nous avons beaucoup plus de clients, car les gens ont davantage de moyens et achètent plus de marchandises », témoigne-t-elle.

À cette baisse de la demande s’ajoutent les difficultés liées aux ventes à crédit. Certains clients repartent avec les marchandises en promettant de payer plus tard. Mais le remboursement peut prendre du temps, voire ne pas intervenir.

« Parfois, une personne vient acheter des marchandises à domicile et dit qu’elle paiera plus tard. Lorsque le moment du paiement arrive, il faut parfois attendre longtemps. Cela nous fatigue, car nous avons souvent perdu beaucoup d’argent de cette manière », déplore-t-elle.

La hausse des prix constitue également un autre défi. Selon Maimouna, certains articles ont fortement augmenté. Les T-shirts, autrefois vendus entre 250 et 300 francs CFA, coûtent désormais autour de 800 francs CFA. Les pantalons pour enfants atteignent environ 1 250 francs CFA, tandis que les vêtements pour femmes enceintes sont passés de 200 à 250 francs CFA.

« L’oisiveté ne sert à rien » : le conseil d’une commerçante

Malgré les difficultés, Maimouna ne renonce pas. Après plus de deux décennies dans le commerce, elle considère cette activité comme un soutien indispensable pour son quotidien et celui de ses enfants.

« Cette activité nous aide à avoir de quoi manger, boire, nous habiller et répondre à certains de nos besoins. Il faut simplement continuer à travailler progressivement », affirme-t-elle.

Forte de son expérience, la commerçante encourage les femmes à ne pas rester sans activité et à chercher, selon leurs moyens, une source de revenus. Pour elle, même une petite activité exercée à domicile peut contribuer à améliorer les conditions de vie d’une famille.

« L’oisiveté ne sert à rien. Il faut se lever et exercer une activité. Même si votre mari vous l’interdit, vous pouvez exercer une activité à domicile. Car si vous exercez une activité, avant même que votre mari ne vous donne quelque chose, vous disposez déjà de vos propres biens », conseille-t-elle.

Après 22 années consacrées à la friperie, Maimouna poursuit ainsi son chemin avec patience et détermination. Derrière son étal de vêtements, se dessine le portrait d’une femme qui, jour après jour, transforme une activité commencée modestement en un moyen de soutenir sa famille et de faire face aux exigences de la vie quotidienne.

Roumanatou Harou.

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