Grand Marché de Maradi : onze ans après son lancement, des défis persistent

Grand Marché de Maradi : onze ans après son lancement, des défis persistent

Onze ans après le début de ses activités commerciales, le Grand Marché de Maradi continue de faire face à plusieurs difficultés qui affectent son fonctionnement et sa capacité à mobiliser certaines recettes. Entre endettement, occupation des espaces commerciaux, boutiques inachevées et conséquences de l’incendie survenu en février, les responsables du marché multiplient les démarches pour redresser la situation.

Inauguré dans le cadre d’un partenariat entre les opérateurs économiques de la région, la Commune urbaine de Maradi et l’État, le Grand Marché de Maradi connaît un parcours différent de celui d’autres grands marchés du Niger, notamment ceux de Zinder et de Tahoua, dont la construction a été entièrement financée par l’État.

À Maradi, le financement des travaux a notamment reposé sur un emprunt contracté auprès d’un établissement bancaire. Cette dette est devenue l’un des principaux défis auxquels le marché est confronté depuis le début de ses activités commerciales.

Des tarifs revus à la hausse

Pour l’administration du marché, l’une des difficultés réside également dans les recettes générées par les espaces commerciaux. Malgré les contraintes auxquelles la société est confrontée, les responsables affirment vouloir maintenir des tarifs accessibles aux commerçants.

Le directeur général du Grand Marché de Maradi SOGEMIE, Alhaji Sadda Gwanda, explique que les tarifs pratiqués dans le marché restent relativement faibles par rapport à ceux observés dans d’autres zones commerciales de la ville.

Selon lui, certaines boutiques situées aux alentours du marché, notamment à proximité de l’autogare, peuvent atteindre 60 000 francs CFA, alors que celles du Grand Marché de Maradi étaient proposées à environ 15 000 francs CFA.

Face aux difficultés actuelles et au contexte économique, l’administration a donc opté pour une augmentation limitée des tarifs.

« Avec la situation actuelle et les difficultés liées aux mouvements, on ne peut pas augmenter fortement les prix. Nous avons donc décidé d’augmenter seulement de 5 000 francs CFA le prix de chaque boutique », explique Alhaji Sadda Gwanda.

L’objectif, poursuit-il, est d’améliorer progressivement les résultats de la société afin de permettre, à terme, la distribution de dividendes aux actionnaires.

« Notre objectif, à terme, est que lorsque nous convoquons une assemblée générale, ce soit pour pouvoir distribuer des dividendes aux actionnaires », souligne-t-il.

Une dette de 3,3 milliards de francs CFA en voie de règlement

Au-delà des questions liées aux recettes, le Grand Marché de Maradi a longtemps été confronté à une importante dette bancaire.

Selon Alhaji Sabiou Moussa Kalla, président des investisseurs du Grand Marché de Maradi, la dette auprès de la BSIC s’élevait à près de 3,3 milliards de francs CFA.

Les responsables du marché ont entrepris plusieurs démarches auprès des autorités afin d’obtenir une prise en charge de cette dette par l’État.

« Nous, les responsables du marché, nous nous sommes mobilisés et avons insisté auprès du gouvernement pour qu’il prenne en charge cette dette. Nous avons finalement obtenu gain de cause », explique-t-il.

Après deux années de démarches, le montant restant à la charge du gouvernement serait désormais d’environ 500 millions de francs CFA, selon le président des investisseurs.

Une évolution qui constitue, pour les responsables du marché, une avancée importante dans la recherche de solutions aux difficultés financières de l’infrastructure.

Des boutiques toujours inachevées

Un autre problème concerne l’achèvement de certains espaces commerciaux. Environ 88 boutiques n’auraient toujours pas été entièrement achevées par l’entrepreneur chargé des travaux.

Là encore, les responsables du Grand Marché de Maradi affirment avoir multiplié les démarches afin de parvenir à un règlement définitif du dossier.

« Là aussi, le dossier est presque arrivé à son terme, grâce à notre détermination et à nos nombreuses démarches », affirme Alhaji Sabiou Moussa Kalla.

L’incendie de février, autre défi pour le marché

À ces difficultés s’ajoutent les conséquences de l’incendie survenu au mois de février, qui a détruit plusieurs boutiques au sein du Grand Marché de Maradi.

Selon le président des investisseurs, le processus d’indemnisation et de réhabilitation est désormais engagé. La compagnie d’assurance a dépêché un représentant sur place afin d’évaluer les dégâts.

Cette évaluation ayant été effectuée, les responsables attendent désormais le déblocage des fonds nécessaires aux travaux de reconstruction et de réhabilitation.

De leur côté, ils indiquent avoir commencé à identifier les entrepreneurs susceptibles de prendre en charge les travaux.

Des perspectives encore à consolider

Malgré les difficultés persistantes, les responsables du Grand Marché de Maradi se veulent optimistes quant à l’avenir de l’infrastructure.

La réduction progressive de la dette, le règlement attendu du dossier des boutiques inachevées et la prise en charge des dégâts causés par l’incendie pourraient permettre au marché de retrouver progressivement son dynamisme.

Reste toutefois à savoir si ces avancées permettront, dans les prochains mois, de résoudre durablement les difficultés financières et de renforcer l’exploitation des espaces commerciaux.

Après onze années d’activités, le Grand Marché de Maradi se trouve ainsi à un tournant. La capacité de ses responsables, des investisseurs et des autorités à achever les chantiers en cours et à consolider son modèle économique sera déterminante pour son avenir.

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