À Maradi, les femmes transformatrices valorisent les produits locaux et renforcent leur autonomie.

À Maradi, les femmes transformatrices valorisent les produits locaux et renforcent leur autonomie.

De plus en plus de femmes s’investissent dans la transformation des produits agricoles à Maradi. À travers la valorisation des matières premières locales, elles développent des activités génératrices de revenus, créent des opportunités d’emploi et contribuent à l’autonomisation économique de leurs familles et de leur communauté.

De la formation à la transmission : l’itinéraire de Salimatou.

En 2024, Salimatou Sani Labo découvre la transformation agroalimentaire et la teinture grâce à une formation du Forum pour l’autonomisation des femmes et des jeunes (FONAF). Depuis, son parcours a pris une nouvelle dimension.

Présidente du groupement Arzikin Mata de Maradi, elle transmet aujourd’hui ses connaissances à d’autres femmes et jeunes filles. Fabrication du couscous, teinture, savon ordinaire et liquide ou encore pommade : près de 200 personnes ont déjà bénéficié de ses formations.

« J’ai formé près de 200 personnes sur la transformation agroalimentaire », explique t-elle.

Pourtant, ses débuts sont marqués par le manque de matériel. Elle décide malgré tout de poursuivre son activité avec les moyens dont elle dispose, allant jusqu’à organiser gratuitement certaines séances de formation.

Ses publications sur Facebook finissent par attirer l’attention du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). L’organisation lui apporte un soutien financier qui lui permet d’acquérir du matériel et de développer davantage ses activités.

Son parcours illustre ainsi une dynamique de transmission : une femme formée devient formatrice, puis contribue à son tour à l’autonomisation d’autres femmes.

Des compétences qui deviennent des sources de revenus

Au fil des formations, certaines bénéficiaires abandonnent face aux difficultés du démarrage. D’autres choisissent de persévérer et parviennent à transformer les compétences acquises en activités économiques.

L’ONG RCDD a notamment apporté un appui matériel à dix femmes formées au sein du groupement, selon Salimatou Sani Labo. Ces bénéficiaires disposent désormais de leurs propres activités de transformation agroalimentaire.

Pour la présidente du groupement, cette évolution témoigne du chemin parcouru depuis ses débuts.

« À mes débuts, j’étais seule et aujourd’hui, nous sommes plus de vingt femmes à gérer cette activité », témoigne-t-elle.

Parmi ces femmes figure Mariam Ali Abdoulaye. Elle pratique la transformation des produits agricoles depuis plus de sept ans. Pour elle, cette activité est devenue une véritable source de revenus.

« Grâce à mes revenus, je subvins à mes besoins et à ceux de mes frères et sœurs », témoigne-t-elle.

Son activité lui permet également de poursuivre ses études scolaires et coraniques, malgré ses responsabilités professionnelles.

À Maradi, ces parcours montrent que la transformation des produits agricoles ne se limite pas à la production et à la vente. Elle devient aussi un moyen d’acquérir des compétences, de créer des revenus et de transmettre un savoir-faire. Pour ces femmes, chaque produit transformé représente ainsi bien plus qu’une marchandise : c’est une compétence acquise, une source de revenus et, progressivement, une possibilité de gagner en autonomie.

Sarah Issoufou.

Nous suivre et aimer notre page :
CATEGORIES

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )