Maradi, le moringa se transforme en activité génératrice de revenus:

Maradi, le moringa se transforme en activité génératrice de revenus:

« Nous préparons le moringa avec différents ingrédients. Nous proposons deux types de plats : le plat simple à 300 francs et le plat garni à 500 francs »

À Maradi, face aux besoins croissants des familles, certains citoyens misent sur l’entrepreneuriat et la valorisation des produits locaux pour diversifier leurs sources de revenus. C’est le cas d’Ibrahim, dit Yapi, enseignant en philosophie et père de famille, qui s’est lancé dans la préparation et la commercialisation du moringa.

Derrière la mairie du centre-ville de Maradi, Ibrahim, plus connu sous le nom de Yapi, ouvre chaque jour sa boutique pendant de longues heures. De 8 heures du matin jusqu’à minuit, il prépare et vend du moringa à une clientèle de plus en plus nombreuse.

Enseignant en philosophie, ce père de famille a choisi de mener parallèlement cette activité génératrice de revenus. Pour lui, il est important de ne pas dépendre d’une seule source de revenus, mais de diversifier ses activités afin de mieux faire face aux besoins du quotidien.

« Nous préparons le moringa avec différents ingrédients. Nous proposons deux types de plats : le plat simple à 300 francs et le plat garni à 500 francs », explique-t-il.

Selon Ibrahim, l’activité attire quotidiennement de nombreux clients. Certaines journées sont particulièrement favorables, notamment le lundi, où la demande peut être plus importante.

« Selon les journées, nous pouvons réaliser, uniquement avec la vente du moringa, une recette de 30 000, voire 40 000 francs CFA par jour », affirme-t-il.

Pour cet enseignant, cette expérience repose également sur une conviction personnelle : multiplier les activités permet d’augmenter les opportunités.

« Il ne faut pas s’accrocher à une seule activité. Il existe un adage qui dit que, pour attraper beaucoup de poissons, il faut avoir beaucoup d’hameçons. Voilà, en quelque sorte, ma philosophie », confie-t-il.

 

Le défi de la stabilité de la main-d’œuvre

Malgré l’intérêt grandissant des clients pour ses produits, l’activité n’est pas sans difficultés. Ibrahim évoque notamment les problèmes liés à la stabilité de certains jeunes employés ou apprentis.

Selon lui, certains d’entre eux souhaitent obtenir rapidement des revenus et ne restent pas toujours suffisamment longtemps pour apprendre et se perfectionner dans le métier.

« Notre principale difficulté concerne surtout les jeunes que nous employons. Beaucoup veulent gagner de l’argent immédiatement. Ils ne sont pas toujours prêts à rester longtemps dans l’activité ni à apprendre progressivement », regrette-t-il.

Pour autant, le promoteur se dit satisfait de l’évolution de son commerce, notamment en raison de son emplacement, qu’il considère comme stratégique.

« En dehors de cela, nous n’avons pas de problème au niveau de la clientèle. Nous sommes installés dans un endroit stratégique et, de ce côté-là, l’activité fonctionne plutôt bien », souligne-t-il.

 

Un appel à renforcer la formation professionnelle des jeunes

Au-delà de son activité commerciale, Ibrahim dit Yapi lance un appel en faveur d’un renforcement de la formation professionnelle des jeunes.

En tant qu’enseignant et entrepreneur, il estime que les jeunes doivent être davantage accompagnés afin de développer leurs compétences, leur sens des responsabilités et leur capacité à créer leurs propres opportunités.

« L’État, puisqu’il est le principal acteur du développement, doit véritablement penser à renforcer la formation des jeunes », plaide-t-il.

Pour lui, les jeunes doivent également prendre conscience de leur rôle dans leur propre développement.

« Il faut amener les jeunes à comprendre qu’ils sont eux-mêmes les principaux acteurs de leur propre développement. Il ne s’agit pas toujours d’attendre quelqu’un d’autre : chacun doit prendre conscience de son rôle et de ses responsabilités », insiste-t-il. Ibrahim appelle ainsi à l’intensification des formations professionnelles et à la mise en place d’ateliers pratiques permettant aux jeunes d’acquérir des compétences adaptées au monde du travail.

À Maradi, l’exemple d’Ibrahim, dit Yapi, illustre la place que peuvent occuper les initiatives individuelles et la valorisation des produits locaux dans la création d’activités génératrices de revenus. Entre enseignement, responsabilités familiales et entrepreneuriat, il poursuit son activité avec une même conviction : diversifier ses sources de revenus peut aussi contribuer à créer de nouvelles opportunités au sein de la communauté.

Nous suivre et aimer notre page :
CATEGORIES

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )