Le jeu de dames traditionnel ou « dara kodaggai » compte toujours des adeptes

Le jeu de dames traditionnel ou « dara kodaggai » compte toujours des adeptes

Les travaux champêtres sont finis. Le soleil baisse. Et dans les quartiers, on sort les pions. Ici on joue à la dara kodaggai. Pas pour l’argent. Juste pour rire, pour oublier les problèmes et pour partager un moment entre amis.

A Maradi, dans certains coins de la ville on y trouve des groupes des personnes, souvent âgés entrain de jouer « la darar kodagai » un  nom qu’on donne en langue locale à un jeu de dame typiquement Haousa. Un jeu très prisé par les hommes notamment,  pour se distraire un peu.

Zero souci ou sans hypertension : c’est le slogan des joueurs de dame traditionnelle. Selon Moussa Mahaman, qui y joue depuis 30 ans, « quand tu as des problèmes ou des soucis dans la vie, tu les oublies vite en jouant à la dame. Quand on joue, on se sent vraiment tranquille avec notre conscience » explique t-il. Au fil du jeu, avec les chahuts, les vannes et la détente qui accompagnent le jeu, on oublie très vite très vite ses problèmes quotidiens, comme disait Moussa Mahaman, «  si quelqu’un t’a vexé, tu oublies tout sur le jeu. »

Dara kodaggai ou dame traditionnelle à l’inverse du jeu de hasard.

Depuis toujours, certains voient  la dame traditionnelle comme un jeu de hasard où l’on fait des mises. Mais selon Shitou , expert et grand joueur c’est tout le contraire. « Quand on joue , personne ne mise d’argent. On joue juste pour la distraction et le plaisir. Si quelqu’un a besoin d’un service, il peut demander à un autre joueur, de lui acheter quelque chose par exemple, quelque part . Et après, par reconnaissance, il peut lui donner quelque chose. Mais on ne joue pas pour gagner de l’argent, parce que ce n’est pas un jeu de hasard. »

Pour montrer la différence entre la dame traditionnelle et le jeu de hasard, notre professionnel (Chiitou) explique que «   tu peux  venir jouer, repartir sans un franc. Sauf si un joueur généreux décide de te faire un cadeau. »

Même si certains regardent les joueurs de dame avec mépris, la « darar kodagai » crée en réalité un vrai lien. C’est un moment de détente qui renforce une très grande solidarité entre joueur et qui perpétue une tradition très lointaine

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