
Commerce transfrontalier : à Maradi, les femmes bravent les difficultés pour faire vivre leurs familles.
« J'ai commencé ce commerce en me rendant au marché de Jibiya il y a dix ans. À l'époque, avec 20 000 nairas, on pouvait acheter un sac entier de marchandises. Aujourd'hui, même avec 100 000 nairas, il est impossible d'acheter la même quantité à cause de la cherté de la vie »
Entre Maradi et les marchés nigérians de Jibiya et Kano, des dizaines de femmes parcourent régulièrement les routes pour approvisionner leurs étals. Mais la hausse du prix des marchandises, les difficultés de transport et les multiples frais rencontrés sur les axes transfrontaliers réduisent leurs bénéfices. Malgré ces obstacles, elles poursuivent leur activité, devenue indispensable à la survie de leurs familles.
Des coûts qui grèvent les bénéfices:
Laure Sani, commerçante âgée de 50 ans, exerce entre Maradi et Jibiya depuis une dizaine d’années. Elle constate une forte dégradation du pouvoir d’achat des commerçantes en raison de l’augmentation du coût des marchandises.
« J’ai commencé ce commerce en me rendant au marché de Jibiya il y a dix ans. À l’époque, avec 20 000 nairas, on pouvait acheter un sac entier de marchandises. Aujourd’hui, même avec 100 000 nairas, il est impossible d’acheter la même quantité à cause de la cherté de la vie », explique-t-elle.
Les produits achetés sont principalement des denrées alimentaires, notamment les beignets, le manioc bouilli et le manioc séché. Avec la hausse des prix, les commerçantes doivent se contenter de faibles marges pour rester accessibles à leurs clients.
À ces difficultés économiques s’ajoutent celles liées au transport. Selon Laure Sani, certaines commerçantes doivent payer plusieurs frais au cours du trajet, tandis que d’autres sont contraintes de poursuivre leur voyage en moto ou en tricycle lorsqu’elles ne trouvent plus de moyen de transport.
Des femmes qui misent sur le commerce pour leur autonomie :
Pour Hajiya Aina’u, commerçante entre Maradi et Kano, le commerce transfrontalier est devenu la principale source de revenus. Elle dénonce notamment la multiplication des postes de contrôle et les sommes qui lui sont réclamées sur le trajet.
« Entre Magama et Kano, nous traversons une dizaine de postes de contrôle, et presque partout, on nous demande de payer de l’argent sans nous délivrer de reçu », affirme-t-elle.
Malgré ces contraintes, les femmes continuent de s’investir dans cette activité, principalement pour assurer les besoins de leurs familles. Les revenus permettent notamment d’acheter de la nourriture, des fournitures scolaires et des vêtements pour les enfants.
« Cette activité nous est très utile. C’est grâce à elle que nous achetons les fournitures scolaires et les vêtements de nos enfants. Elle nous permet aussi de nourrir nos familles. Si vous regardez les véhicules qui empruntent la route de Jibiya, la majorité des passagers sont des femmes. Cela montre les efforts que les femmes de Maradi déploient pour assurer leur autonomie financière», témoigne Laure Sani.
Malgré les difficultés rencontrées sur les routes et la hausse du coût des marchandises, ces femmes poursuivent leurs activités entre le Niger et le Nigeria. Pour elles, le commerce transfrontalier demeure un moyen de soutenir leurs familles et de participer à la dynamique économique de la région.
Roumanatou Harou.

