
Maradi : les jeunes mobilisés contre les violences basées sur le genre.
« L’enfant est une bénédiction d’Allah. J’appelle les parents à prendre soin de leurs enfants, à les éduquer, à les inscrire à l’école et à les protéger contre toute forme de violence, car c’est leur droit »
À Maradi, les jeunes sont au cœur d’une campagne de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG) et la santé reproductive. Organisée au Centre Garkuwa des jeunes par les membres du Ratanga Club Niger, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « C’est la Vie – Phase 2 ». Elle vise à renforcer la prise de conscience des jeunes et de l’ensemble de la communauté sur la prévention des violences et la promotion de l’égalité entre les sexes.
Au cours de cette campagne, plusieurs catégories de la population ont été sensibilisées, notamment les jeunes filles et garçons, les chefs de quartier, les leaders traditionnels, les enseignants et les leaders religieux musulmans. À travers les échanges, les participants ont été invités à promouvoir l’égalité entre les sexes et à mieux protéger les jeunes filles contre les différentes formes de violences.
Pour Laouali Salissou, chef du quartier de Bourdja, la protection et l’éducation des enfants relèvent de la responsabilité des parents.
« L’enfant est une bénédiction d’Allah. J’appelle les parents à prendre soin de leurs enfants, à les éduquer, à les inscrire à l’école et à les protéger contre toute forme de violence, car c’est leur droit », témoigne-t-il.
L’accueil et la confiance pour encourager les jeunes à se soigner:
La sensibilisation a également porté sur la santé reproductive. Les organisateurs ont notamment insisté sur l’importance pour les jeunes et les femmes de fréquenter les centres de santé afin de bénéficier d’informations et de soins adaptés. Mais pour de nombreux jeunes, la peur du jugement ou le manque de confidentialité peut constituer un frein à la fréquentation des structures sanitaires. Une situation sur laquelle insiste Nana Gonda, chargée de la santé des adolescentes et sage-femme au CSI Kassoum Moctar de Zaria.
« Ce qui empêche les gens de venir vers nous, c’est d’abord le manque d’accueil. On dit toujours que si tu accueilles bien un patient, il est déjà guéri à 50 %. Si tu lui donnes un bon accueil, il sera rassuré. Il faut également créer un climat de confiance avec l’adolescent pour qu’il puisse se sentir en sécurité et dire tout ce qui l’amène au centre de santé », explique-t-elle.
Des sketches et des slams pour mieux toucher les jeunes :
Pour rendre les messages plus accessibles et susciter davantage l’intérêt des jeunes, les membres du Ratanga Club ont également utilisé des sketches et des slams.
Selon Adamou Djibbo Abdoul Wahab, encadreur des jeunes au sein du projet « C’est la Vie », le choix de ces moyens de sensibilisation répond à la nécessité d’adapter les messages aux réalités et aux centres d’intérêt des jeunes.
« Si nous avons décidé d’utiliser ces canaux, c’est pour faire passer le message. Nous sommes dans une population où les jeunes sont très nombreux. Lorsque nous organisons nos activités et que nous utilisons les sketches, les slams et d’autres moyens, cela réveille leur curiosité et les pousse à s’intéresser aux messages que nous voulons transmettre », souligne-t-il.
À travers cette campagne, les organisateurs ambitionnent de contribuer à un changement de mentalité au sein de la communauté. L’objectif est de renforcer la prévention des violences basées sur le genre, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de favoriser une meilleure cohésion sociale.
Illia Moumouni .

