
Démission parentale qui fragilise l’éducation de la jeunesse

L’éducation d’un enfant ne se limite pas aux bancs de l’école. Elle se construit d’abord dans le cadre familial, où sont transmis les premières valeurs, les règles de vie et le sens des responsabilités. Mais lorsque cet encadrement vient à manquer, des inquiétudes apparaissent quant au devenir des jeunes et à leur place dans la société. Au Niger, cette question suscite de plus en plus de préoccupations et relance le débat sur la responsabilité des parents dans l’éducation de leurs enfants.
Des conséquences qui se font sentir dans la société
La délinquance juvénile constitue aujourd’hui une préoccupation majeure au Niger. Vols, agressions, violences, consommation de drogue ou encore actes de vandalisme sont autant de phénomènes qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la sécurité publique, la cohésion sociale et l’avenir de la jeunesse.
Parmi les facteurs avancés pour expliquer cette situation figure le désengagement de certains parents dans l’éducation et l’encadrement de leurs enfants. Une démission qui, selon des spécialistes, pourrait favoriser l’apparition de plusieurs comportements à risque chez les jeunes.
Pour Abdou Dan Malan, sociologue à Maradi, « de multiples conséquences seraient liées à la démission des parents dans l’éducation des enfants. » notamment « La consommation de drogue, la perversité, la prostitution chez certaines jeunes filles ainsi que la criminalité ». le sociologue affirme que « le terrorisme est également présenté comme l’une des conséquences pouvant être associées à cette défaillance de l’encadrement familial et social. »
Selon le sociologue, « les conséquences ne se limiteraient pas aux comportements déviants. Dans le domaine scolaire également, les échecs et les abandons seraient favorisés par le manque d’implication des parents. »
L’éducation, une responsabilité d’abord familiale
La question de la responsabilité parentale est également mise en avant par les acteurs religieux. Pour Cheikh Abou Salé, prédicateur à Maradi, « L’éducation étant considérée comme la base fondamentale de toute société, son abandon pourrait avoir de graves répercussions sur le développement collectif. » il ajoute aussi qu’« une société qui négligerait l’éducation de sa jeunesse risquerait ainsi de prendre du retard par rapport à d’autres sociétés engagées sur la voie du progrès. »
Toujours selon le prédicateur « Une confusion entre instruction et éducation serait également constatée. L’éducation ne consisterait pas uniquement à apprendre, mais également à mettre en pratique les valeurs et les connaissances acquises. » Ce processus devrait, selon le prédicateur, être amorcé au sein de la famille.
Des conséquences qui dépassent le cadre familial
Lorsque l’encadrement familial fait défaut, les répercussions peuvent progressivement se manifester dans la société. Dans plusieurs centres urbains, une multiplication des actes de délinquance est observée, notamment à travers les vols à l’arrachée, les cambriolages et certaines agressions.
Face à ces défis, la question de l’éducation des enfants apparaît ainsi comme une responsabilité collective, mais dont le premier socle demeure la famille. Un meilleur encadrement parental pourrait contribuer à prévenir certains comportements à risque et à mieux préparer les jeunes à leur rôle dans la société.

